Alexandre reste figé devant la portière ouverte.
Le petit écran du dispositif diffuse une faible lumière.
Le compte à rebours continue de défiler.
Pendant quelques secondes…
Personne ne bouge.
Le passant recule instinctivement.
Son souffle est court.
Il regarde Alexandre.
— « Je vous avais dit de ne pas monter dans cette voiture… »
Alexandre ne répond pas.
Il ferme lentement la portière.
Puis s’éloigne de quelques pas.
Ses mains tremblent légèrement.
Il regarde l’inconnu.
— « Comment saviez-vous qu’il y avait quelque chose à l’intérieur ? »
L’homme baisse les yeux.
Il hésite.
— « Parce que… j’ai tout vu. »
Alexandre garde ses distances.
— « Qui a fait ça ? »
Le passant secoue la tête.
— « Je n’ai pas vu son visage. »
Le silence retombe.
Les voitures continuent de circuler au loin.
Quelques passants traversent la rue sans remarquer la scène.
Alexandre sort lentement son téléphone.
Il compose un numéro.
Sa voix reste calme.
— « Bonjour… j’ai besoin d’une intervention immédiate. Je pense que mon véhicule a été manipulé. »
Il raccroche.
Puis regarde de nouveau le passant.
— « Pourquoi avez-vous pris le risque de m’arrêter ? »
L’homme esquisse un sourire fatigué.
— « Parce que personne ne mérite de mourir sans même savoir pourquoi. »
Ces mots résonnent dans le silence.
Alexandre observe plus attentivement cet inconnu.
Ses vêtements sont usés.
Son visage est marqué par les années.
Mais son regard est étonnamment calme.
— « Quel est votre nom ? »
L’homme répond après quelques secondes.
— « Peu importe. »
Alexandre insiste.
— « Vous venez probablement de me sauver la vie. J’aimerais au moins connaître votre prénom. »
L’homme sourit faiblement.
— « On m’appelle Victor. »
Alexandre hoche la tête.
— « Merci, Victor. »
Pour la première fois, le vieil homme semble ému.
— « Cela faisait longtemps que personne ne m’avait remercié. »
Quelques minutes plus tard…
Deux véhicules officiels s’arrêtent devant l’immeuble.
Plusieurs techniciens descendent rapidement.
Ils installent un périmètre de sécurité.
Alexandre reste à l’écart avec Victor.
L’un des spécialistes s’approche.
— « Cette voiture est bien la vôtre ? »
— « Oui. »
— « Personne n’y est monté depuis ? »
— « Non. »
Le technicien acquiesce.
Il s’avance prudemment.
Les autres observent en silence.
Après quelques instants…
Le spécialiste revient.
Son visage est sérieux.
— « Monsieur… vous avez bien fait de rester à distance. »
Alexandre échange un regard avec Victor.
Le spécialiste poursuit.
— « Nous allons emporter le véhicule pour l’examiner complètement. »
Alexandre demande :
— « Savez-vous qui a pu faire cela ? »
Le spécialiste répond calmement.
— « Pas encore. »
La voiture est lentement chargée sur un camion.
Le quartier retrouve progressivement son calme.
Victor s’apprête discrètement à partir.
Alexandre le remarque.
— « Attendez. »
Victor s’arrête.
Alexandre sort son portefeuille.
— « Laissez-moi au moins vous remercier. »
Victor recule immédiatement.
— « Je ne veux pas d’argent. »
Alexandre reste surpris.
— « Alors… que puis-je faire pour vous ? »
Victor réfléchit quelques secondes.
Puis répond :
— « Faites seulement une chose. »
— « Laquelle ? »
Victor regarde l’immeuble derrière Alexandre.
Puis murmure :
— « Ne faites plus confiance à tout le monde autour de vous. »
Alexandre fronce les sourcils.
— « Vous voulez dire quoi ? »
Victor répond d’une voix très basse.
— « La personne qui a placé cet objet… savait exactement à quelle heure vous sortiriez. »
Le silence devient pesant.
Alexandre comprend immédiatement.
— « Donc… quelqu’un de mon entourage connaissait mon emploi du temps. »
Victor acquiesce.
— « C’est ce que je crois. »
À cet instant…
Le téléphone d’Alexandre sonne.
L’écran affiche le nom de son directeur de cabinet.
Il décroche.
— « Oui ? »
La voix au téléphone paraît essoufflée.
— « Monsieur… où êtes-vous ? »
— « Devant l’immeuble. Pourquoi ? »
Quelques secondes de silence.
Puis la réponse tombe.
— « Ne rentrez surtout pas au bureau… quelqu’un vient de demander si vous étiez déjà monté dans votre voiture. »
Alexandre se fige.
Il tourne lentement la tête vers Victor.
Mais l’homme n’est plus là.
Il a disparu au milieu des passants.
Alexandre regarde autour de lui.
Impossible de le retrouver.
Au même moment…
Le spécialiste chargé d’examiner le véhicule revient en courant.
Il tient un petit objet métallique dans la main.
— « Monsieur Alexandre… nous avons trouvé ceci sous le siège conducteur. »
Alexandre s’approche.
Le spécialiste lui montre l’objet.
Gravé dessus…
Un unique symbole.
En le voyant, Alexandre pâlit.
Il murmure presque sans voix :
— « Ce symbole… il n’y a que quatre personnes qui le connaissent… »
Fondu au noir.